NATAANN : les femmes en situation de handicap et des jeunes leaders deviennent paires éducatrices et actrices de changement pour l’inclusion et les droits humains
« Ce n’est pas mon handicap qui me pèse, c’est le regard des autres ». Ces mots résument la réalité de nombreuses femmes en situation de handicap au Togo, trop souvent invisibles dans des sociétés qui leur font peu ou pas de place. Avec l’appui du Direct Aid Program du Haut-Commissariat d’Australie à Accra, le CDFDH a lancé le projet NAATAAN – qui signifie résilience en moba – pour renforcer l’autonomisation socio-économique et l’accès à la justice des femmes vulnérables en situation de handicap et en détention dans les régions Savanes, Kara et Maritime.
Former, autonomiser et oser pour influencer
À Lomé et Kara, une première formation a réuni 60 femmes paires éducatrices et jeunes leaders. Bien plus qu’un apprentissage, ce fut un espace d’expression et de libération. Les participantes ont revisité les notions essentielles des droits humains : non-discrimination, universalité, indivisibilité, inaliénabilité. Esther, devenue couturière après un accident, témoigne : « La couture, c’est ma liberté. Grâce à elle, je suis autonome et je prends ma place dans la société. Aujourd’hui, je connais mes droits et sais que ma voix compte. »
Comme Esther, ce sont désormais une cinquantaine de femmes à travers le pays, renforcées pour influencer.
Parler des tabous pour reconquérir sa dignité
Les discussions ont abordé des thèmes souvent tus mais essentiels : la santé sexuelle et reproductive, le droit au consentement, à l’intégrité physique et à l’accès aux soins. Ces échanges ont permis de briser le silence sur des sujets qui touchent directement la dignité et l’autonomie des femmes.

L’autonomie économique comme clé d’indépendance
Parce qu’il n’y a pas de dignité sans indépendance financière, une part importante de la formation a été consacrée aux activités génératrices de revenus (AGR). Les participantes y ont trouvé l’occasion de bâtir ou renforcer une vision d’avenir plus autonome. Edwige, commerçante et couturière, raconte : « Après un drame familial, j’ai quitté l’école. J’ai commencé un petit commerce, puis la couture. Aujourd’hui, je suis indépendante et j’ai permis à mon fils de poursuivre ses études supérieures. Il n’y a pas de condition parfaite pour entreprendre : lancez-vous. »
