Assenou Kakan : des échanges riches pour faire avancer les droits des femmes au Togo
Le samedi 30 mai 2026, s’est tenue une table ronde “Assenou Kakan”, espace de dialogue citoyen initié par les members du Réseau Watch dans le cadre du programme Kofi Annan Changemakers a été consacrée aux droits des femmes au Togo.La rencontre a réuni plus d’une vingtaine de participant.e.s en présentiel et en ligne, dont 19 femmes, parmi lesquelles 4 femmes handicapées, y compris deux paires éducatrices du Projet Naataann.
Comprendre les droits des femmes et les mécanismes de protection
Les échanges ont été introduits par trois personnes ressources aux expériences complémentaires : Esso-Dong KONGAH, défenseur des droits humains et lauréat du programme Kofi Annan Changemakers 2025 ; Mme Adjidjatou BOURAIMA, Commissaire à la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ; et Mme Chantal KOUEVI LAWSON, Coordinatrice du Forum International des Femmes Handicapées Émergentes en Politique (FIFHEP) et Conseillère municipale.
Les interventions ont permis de revenir sur les principaux instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux protégeant les droits des femmes. Une attention particulière a été accordée au Protocole de Maputo, principal texte régional Africain en matière de promotion et de protection des droits des femmes.
Les participant.e.s ont également découvert le rôle de la CNDH dans le traitement des plaintes, le suivi des violations des droits humains, le plaidoyer auprès des autorités publiques ainsi que les actions de sensibilisation menées auprès des communautés.
L’inclusion des femmes handicapées au cœur des discussions
L’un des temps forts de la rencontre a porté sur la situation des femmes handicapées au Togo. À travers son témoignage et son analyse, Mme Chantal KOUEVI LAWSON a mis en lumière les obstacles qui limitent encore leur participation citoyenne et politique.

Mme Chantal KOUEVI LAWSON, Coordinatrice FIFHEP et Conseillère Municipale
Malgré l’existence de nombreux textes favorables à l’égalité, les femmes handicapées demeurent largement absentes des espaces de prise de décision. Les échanges ont notamment souligné les effets de la discrimination croisée liée au genre et au handicap, les difficultés d’accès aux ressources financières, l’insuffisante prise en compte de leurs besoins dans les politiques publiques et le manque d’accessibilité des infrastructures physiques et numériques.
Les participant.e.s ont également relevé l’écart persistant entre les engagements affichés en faveur de l’inclusion et leur traduction concrète dans les actions publiques.
Des expériences partagées pour nourrir l’action
Au-delà des présentations introductives, la rencontre a donné lieu à plus de deux heures de discussions ouvertes. Les participant.e.s ont partagé leurs expériences personnelles, leurs observations de terrain et leurs préoccupations concernant les violences basées sur le genre, les stéréotypes persistants, les difficultés d’accès à la justice et la faible représentation des femmes dans les espaces de décision.

Les échanges ont rappelé que si le cadre juridique togolais a connu des avancées importantes, les principaux défis résident désormais dans l’application effective des textes, le changement des mentalités et le renforcement de la sensibilisation au sein des communautés.
Transformer les échanges en actions
Cette édition d’Assenou Kakan a confirmé l’importance des espaces de dialogue inclusifs pour faire émerger des solutions collectives face aux défis des droits humains. Les réflexions issues de la rencontre serviront de base à de futures actions de plaidoyer et de sensibilisation portées par le Réseau Watch.
Le Réseau entend poursuivre cette dynamique en collaboration avec la CNDH, Mme Chantal KOUEVI LAWSON, les partenaires du CDFDH et l’ensemble des personnes et toute personne solidaire des droits des femmes, avec une attention particulière pour les droits et l’inclusion des femmes handicapées.
Parce que la promotion des droits des femmes ne relève pas seulement des institutions, mais de l’engagement de toute la société, Assenou Kakan rappelle qu’un changement durable commence souvent par une conversation.
